Le Shah d’Iran Mohammad Reza Pahlavi est mort le 27 juillet 1980 au Caire, des suites d’un cancer du système lymphatique. Sa fin de vie s’est jouée dans un hôpital égyptien, loin de Téhéran qu’il avait fui dix-sept mois plus tôt. L’Égypte du président Anouar el-Sadate fut sa dernière escale, après une errance qui l’avait conduit au Maroc, aux Bahamas, au Mexique, aux États-Unis et au Panama.
Un cancer lymphatique connu avant la révolution de 1979
Le lymphome avait été diagnostiqué et pris en charge plusieurs années avant que Mohammad Reza Pahlavi ne quitte l’Iran. La maladie était traitée discrètement, à l’abri des regards, tandis qu’il régnait encore sur le pays.
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Cette dissimulation a eu des répercussions directes sur la crise qui a suivi. Quand les États-Unis ont accepté d’accueillir le Shah en octobre 1979 pour lui permettre de recevoir des soins médicaux, la décision a fourni un prétexte immédiat à la prise d’otages à l’ambassade américaine de Téhéran, une crise qui a bloqué la diplomatie américaine pendant plus d’un an.
L’opération en Égypte : ablation de la rate et complications pulmonaires
En arrivant en Égypte, le Shah considérait Sadate comme son « seul ami ». Son état était déjà sérieusement dégradé. Transporté en hélicoptère à l’hôpital de Meadi, au Caire, il a subi une ablation de la rate, organe directement atteint par le cancer lymphatique.
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L’intervention n’a pas enrayé la progression de la maladie. Le cancer s’était propagé au foie, rendant la chirurgie insuffisante. Les médecins ont alors eu recours à la chimiothérapie, mais ce traitement a posé un problème supplémentaire : il réduisait sa résistance aux infections.
C’est précisément ce mécanisme qui a conduit à l’aggravation fatale. Les médecins ont interrompu les médicaments anticancéreux en raison du risque infectieux, mais une pneumonie s’est déclarée. Du liquide et du pus s’étaient accumulés dans ses poumons, nécessitant d’envisager une nouvelle intervention de drainage. Sa convalescence s’est prolongée au palais de Koubbeh, au Caire, entouré de la Chahbanou et de leurs quatre enfants.

La séquence médicale qui a conduit à sa mort
Les derniers mois en Égypte suivent une progression clinique précise :
- Ablation de la rate cancéreuse à l’hôpital de Meadi, peu après son arrivée au Caire en mars 1980.
- Chimiothérapie engagée pour traiter la progression du cancer vers le foie, puis interrompue en raison d’une baisse dangereuse de l’immunité.
- Survenue d’une pneumonie liée à cet affaiblissement, avec accumulation de liquide dans les poumons.
- Décès le 27 juillet 1980, des suites combinées du cancer lymphatique avancé et de ces complications infectieuses.
L’opération en Égypte n’était donc pas une tentative de guérison : c’était une intervention palliative sur un organe déjà envahi, dans l’espoir de stabiliser un état qui se détériorait depuis des mois.
Le rôle de Sadate et les obsèques au Caire
Anouar el-Sadate a assumé jusqu’au bout ce que les autres alliés du Shah avaient décliné. Il a offert un refuge durable à l’ancien monarque et organisé des funérailles officielles après sa mort, là où d’autres avaient fixé des délais ou fermé leurs portes.
Quelques heures après le décès, le président égyptien a annoncé « avec une profonde douleur » la mort de « son ami et frère ». Mohammad Reza Pahlavi a été inhumé au Caire.
À Téhéran, la réaction fut sans ambiguïté. Le régime de Khomeini a qualifié la mort du Shah de « petit problème sans importance », ajoutant qu’elle ne changerait rien à la question des otages américains. Cette formule résume l’état des relations entre l’Iran révolutionnaire et le reste du monde à ce moment précis.
Pourquoi l’exil en Égypte était le seul choix possible
Le parcours du Shah entre janvier 1979 et mars 1980 illustre l’isolement progressif d’un dirigeant que ses alliés stratégiques ont abandonné un à un. Le Maroc l’avait accueilli temporairement, les Bahamas et le Mexique avaient fixé des délais, les États-Unis avaient accepté puis cherché à s’en débarrasser après la crise des otages.
L’Égypte de Sadate était dans une situation particulière, disposée à accueillir le Shah là où d’autres avaient refusé. L’accueil du Shah était aussi un signal politique de Sadate : celui d’un pays qui refusait de se soumettre aux pressions régionales.
C’est dans ce contexte que l’opération médicale au Caire prend tout son relief pratique. Le Shah n’avait pas accès à des soins dans un pays stable et disposé à l’accueillir avant que l’Égypte n’ouvre ses portes.
Bilan : ce que révèle la cause médicale du décès du Shah d’Iran
Mohammad Reza Pahlavi n’est pas mort d’une seule cause mais d’une combinaison : un cancer lymphatique dissimulé pendant des années, une maladie qui avait progressé vers le foie au moment où il fuyait l’Iran, une opération en Égypte qui n’a pu que retarder l’issue, et des complications pulmonaires liées à l’interruption forcée de la chimiothérapie.
L’Égypte a joué un rôle médical concret, c’est là que l’ablation de la rate a été réalisée et que les derniers traitements ont été administrés, mais aussi un rôle politique. Sadate a accordé au Shah ce que les autres gouvernements avaient refusé : un territoire stable pour mourir, et une sépulture officielle.

